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Evolution tactique du football de sa création à nos jours |
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Evolution tactique du
football de sa création à nos jours
Je
vous retranscris ici un article de ce guide exhaustif, qu'est
le Guide Français et International du Football. Cet article
traite de
l'évolution tactique dans le football de sa
création à nos jours. J'ai
trouvé ça très intéressant
alors je vous le fais partager, illustration
à l'appui.
Source :
Le
Guide Français et International du Football,
édition 2006, Editions De Vecchi.
Adaptation/Illustration
: Naka
Jusqu'en 1860,
la tactique est étrangère au football. Sur le
terrain, le gardien (qui
porte en fait le nom de "11e homme"), est le seul à cultiver
la
différence. Tous ses partenaires évoluent, eux,
selon un unique mot
d'ordre : attaquer la balle afin de marquer le maximum de buts.
Laissant
aller leur enthousiasme, on les retrouve attroupés autour du
ballon,
formant une gigantesque mêlée qui exclut tout
principe d'organisation. (un
peu comme nous quand on joue en "Débutants".)
C'est
un football rigoureusement porté vers l'offensive. Car vous
allez le
voir par la suite, tous les schémas tactiques de base qui
ont été
introduits à partir de cette époque ont
régulièrement mené à
l'appauvrissement du jeu offensif.

1863
Un
premier pas en arrière est fait. Il se résume au
retrait de deux
attaquants afin de contrecarrer les offensives des avants les plus
rapides.

1872
Les effets bienfaiteurs de ce remaniement pourtant minime et l'introduction
de la notion de hors-jeu
incitent la poursuite du renforcement défensif.
30/11/1872
: Les Ecossais présentent une formation à deux
défenseurs, sept avants
et un joueur placé entre les deux lignes, en position de
futur
"demi-centre".
1880
C'est,
semble-t-il, Nottingham Forest qui est à l'origine d'un
nouveau système
qui s'inscrit dans un 2 (arrières), 3 (demis), 5 (avants)
qui a
nécessité le repli de deux autres attaquants
désormais positionnés au
milieu de terrain. Cela afin d'épauler le demi-centre
dans l'entrejeu mais aussi pour permettre à ces milieux de
reculer vers les ailes lorsque le jeu s'impose.
Cette
combinaison, qui permet une organisation rationnelle des joueurs et qui
lance aussi l'ère des ailiers, domine le football jusqu'en
1925 sans
subir de profondes modifications.

On
assiste simplement après guerre à un glissement
de deux des cinq avants
dans une position intermédiaire. Ils seront
appelés les "inters".

1928
La règle du hors-jeu a été
modifiée en 1925. Désormais,
si deux défenseurs (et non plus trois) se trouvent entre
l'attaquant et
la ligne de but adverse, l'attaquant ne se trouve pas hors jeu.
De
cet aménagement, crée pour favoriser l'offensive,
s'impose vite au sein
des défenses l'apport d'un élément
nouveau. Le demi-centre qui recule
d'une ligne : le fameux WM est
né.
WM
parce que ce sont les lettres que l'on peut lire si on trace une
première ligne passant par tous les défenseurs
(W) et une seconde
traversant toute l'attaque (M) (voir image).
Le jeu se compose de
deux arrières latéraux, d'un défenseur
central ("The Policeman"), de
deux demis, de deux inters, de deux ailiers et d'un avant-centre.
En
glissant en défense, le demi-centre a laissé
vacant son poste de meneur
de jeu pour un rôle plus ingrat. Au milieu, on trouve
désormais un
carré formé par les demis et les inters,
appelé parfois "carré magique".
C'est
à un Ecossais du nom de Johnny Hunter que l'on doit cette
méthode, mais
c'est Herbert Chapman qui sera le premier à la mettre en
application
avec son équipe d'Arsenal, à l'époque
l'une des formations phares du
Championnat Anglais.
Par la couverture du terrain qu'il propose et
par la proximité des lignes entre elles, le WM offre de
multiples
combinaisons tactiques. La
quasi-totalité des équipes l'adoptent.
Mais,
elles ne tardent pas à lui apporter des
modifications personnelles (En
Amérique du Sud, la "diagonale" en est un
dérivé). En effet, on
découvre vite qu'opposé à
lui-même, le WM se neutralise. Deux équipes
s'alignant sous ce même système imbriquent
fatalement leur jeu.
Le M de l'attaque correspond au W de la défense. Sans le
savoir, le WM est à
la base de l'invention du marquage individuel.
Le
WM n'est pourtant pas le seul schéma de jeu du moment. La
majorité du
football autrichien et suisse évolue selon la tactique dite
du "verrou",
mise au point par Karl Rappan, ancienne gloire autrichienne reconvertie
comme entraîneur.
Elle
repose en premier lieu sur la présence d'un
quatrième joueur défensif,
en retrait des trois autres et libéré de tout
marquage. C'est lui qui
verrouille la défense, la solidifie, en se
plaçant comme un obstacle
supplémentaire pour les attaquants.
Le rôle des arrières latéraux
(qui peuvent se transformer en demi-aile) permet de
posséder une forte
assise défensive et une bonne capacité
à évoluer en contre-attaque.
Le "béton",
que l'on retrouve dans la fin les années 40, n'en est qu'une
variation davantage renforcée défensivement.
1952
Comme
nous venons de le voir, par une pratique basique du WM, le football se
lance lui-même dans l'impasse du marquage. Pour s'en
défaire, des
améliorations sont indispensables.
C'est de l'une des nombreuses moutures du WM que découle 4-2-4
utilisé dès 1952.
Un nouveau pas est franchi dans le renforcement des lignes
arrières par la suppression
des "inters". Pourtant, le 4-2-4
prône le caractère offensif du jeu par l'ajout
d'un deuxième avant-centre.
C'est
sous ce schéma que l'équipe de Hongrie fait
chuter pour la première
fois l'Angleterre à Wembley le 25 novembre 1953. C'est aussi
en jouant
de cette manière que le Brésil remporte la Coupe
du Monde 58.
Le 4-2-4 est une amorce
à la défense de ligne
qu'on utilisera plus tard. Les 4 défenseurs jouent ici sur
un même axe, pour faciliter la mise hors-jeu de leurs
adversaires.
1960
Le "catenaccio"
(cadenas) lancé par Helenio Herrera et qui est annonciateur
des succès du grand Inter Milan n'est pas sans rappeler le "verrou"
de Rappan ni le "béton"
post seconde guerre mondiale. Il reçoit d'ailleurs
l'appellation de "verrou italien".
Son développement s'oriente vers un WM à la
défense remaniée et renforcée. Cette
dernière comprend 4 joueurs couvert par un 5e,
placé en retrait pour "cadenasser" (d'où
catenaccio) le secteur défensif.
L'ensemble de l'équipe pratique le marquage individuel, sauf
le 5e défenseur rendu "libre" par son placement sur le
terrain : le
"libéro".
Par
cette couverture du jeu, le catenaccio d'Herrera condamne à
première
vue le jeu offensif et tend à imposer sur lui un effet
destructeur.
En
même temps, il est vrai qu'il bouleverse les principes et
permet par un
jeu de contre-attaques à faire de défenseurs de
redoutables attaquants
comme par exemple Giacinto Facchetti.
1970
Le 4-3-3
qui s'installe n'est qu'une version repliée du
précédent 4-2-4. Le 2e
avant-centre rejoint le milieu de terrain, là où
se dispute la majorité
des ballons.
En marge de cette variation, on découvre par le biais
de la domination de l'Ajax Amsterdam sur le plan européen,
un nouveau
type de tactique, appelé "Football
Total" et magistralement
orchestré par Rinus Michel puis Stefan Kovacs. C'est un
football où
toute l'équipe se déplace en une seule vague,
portée soit vers
l'attaque, soit vers la défense. Outre des
capacités physiques
évidentes, il requiert une polyvalence des joueurs et une
cohésion qui
rendront très difficile son développement.
1980
C'est l'ère du 4-4-2,
des grands numéros 10, ordonnateurs du jeu, nourris des
ballons
récupérés par les demis
défensifs. C'est aussi le temps révolu des
joueurs de débordement. Le premier ailier est redescendu au
milieu.
Quant au second, il s'est recentré.
Le 4-4-2 met aux prises deux
attaquants contre quatre défenseurs. Ce qui oblige souvent
les avants à
jouer comme des remiseurs en faveur de leurs milieux qui, de plus en
plus, occupent un rôle de finisseur.
Années
2000
Bon nombre d'entraîneurs adoptent aujourd'hui un
système en 5-3-2 ou en 3-5-2
(selon que les latéraux évoluent
derrière ou au milieu). Ils
bénéficient ainsi d'une organisation modulable
particulièrement
appréciable.
L'accélération du rythme des rencontres de haut
niveau fait que les systèmes ne sont plus aussi
figés que par le passé. Une
équipe doit pouvoir à tout moment, en fonction
des évènements, revoir son schéma
d'organisation. Le 3-5-2 permet
cette transformation rapide.
Lorsque
l'équipe est en possession du ballon, les
latéraux peuvent, après
avoir quittés leurs bases arrières pour le milieu
de terrain, venir
animer le jeu dans les couloirs. L'occasion leur est alors
donnée de
s'engouffrer sur les ailes, de venir créer le surnombre, et
ainsi de
prêter main-forte aux attaquants en leur adressant des
centres ou en
provoquant des redoublements de passes. Lorsque l'équipe
perd le
ballon, les latéraux regagnent leur place initiale,
défensive.
Dans
certains styles d'organisation, le déplacement ne se limite
pas aux
joueurs de couloirs. C'est le bloc entier qui se déplace
d'avant en
arrière. Cette pratique nécessite une parfaite
cohésion mais offre de
multiples intérêts. Repartant à
l'attaque depuis sa moitié de terrain,
l'équipe y gagne en profondeur de jeu et le porteur du
ballon en
soutien.
Certaines formations apprécient de porter haut le jeu
dans le camp adverse pour faciliter les percées de leur
latéraux,
lesquels sont basés à la médiane et
n'ont pas de trop longes courses à
effectuer pour camper chez l'adversaire.
D'autres équipes misent
leur organisation sur de longs dégagements depuis
l'arrière à
destination d'un attaquant, qui joue alors, en pivot, un rôle
de
remiseur pour ses partenaires.
Le 4-4-2 reste
malgré tout le système le plus répandu,
avec souvent deux milieux offensifs excentrés soutenus par
deux milieux défensifs.
D'autres schémas trouvent aussi leur place, comme le
4-3-1-2 à trois
milieux récupérateurs et un milieu offensif, le
4-2-3-1, ou encore le 4-1-3-2
avec un joueur placé
entre la défense et le milieu.


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